Un Van au fil de l’eau
Un Van au fil de l’eau. Sur les routes de Nouvelle-Zélande.
Aventures de deux français en Nouvelle-Zélande racontées par leur fidèle compagnon : leur Van. Et ce récit a pour fil conducteur l’eau ! Découverte de l’île Nord (Northland, Coromandel, Taupo, la rivière Wanganui et son parc naturel, Wellington…) et Sud (Abel Tasman Great Walk, Kaikoura, Fjordland…)
Bonjour,

Un van au fil de l'eau
Je suis un vieux Van et il y a trois ans, j’ai eu la chance de faire un bout de chemin en Nouvelle-Zélande aux côtés de deux français, Mélisa et Jérémy. Voici le récit de nos aventures.
Je suis né au Japon en 1987 et c’est en 1989 que j’ai émigré en Nouvelle-Zélande. De couleur bleu ciel, je suis un Toyota modèle Hiace Super Custom. Equipé de 9 sièges rabattables, je ne suis pas réellement un camping car, mais cette fois-ci, c’est pourtant la fonction que j’ai occupé ! Ma rencontre avec ces deux français a changé ma vie. De véhicule familial conduit par des citadins d’Auckland, en passant par taxi illégal et frauduleux, je suis maintenant un Van de travellers qui sillonnent le pays.
C’est en octobre 2003 que nous nous sommes rencontrés. Je n’étais pas vraiment à vendre, mais dès qu’ils m’ont vu au marché de véhicules pour voyageurs, ils m’ont tout de suite voulu. Et ils m’ont payé le prix fort…
Pourquoi moi ? Parce que cela faisait près d’une semaine qu’ils ne voyaient que des tas de ferrailles dégoutants et qu’ils cherchaient un grand Van pouvant les transporter eux et leurs amis qui viendraient les voir, un Van suffisamment solide pour ne pas les lâcher au premier coin de rue.
Aussi, après un énorme nettoyage et bichonnage, ils m’ont offert une deuxième jeunesse.
Un petit mot sur mes deux passagers : ils sont venus passer un an à l’autre bout du monde, par besoin de liberté et pour vivre une expérience unique ! Je me suis tout de suite demandé pourquoi la Nouvelle-Zélande ? Et surtout pourquoi en van ?
Et bien le pays du long nuage blanc -Aoteaora-, leur est apparu comme le dernier paradis perdu. Suffisamment loin pour avoir l’impression de partir à l’aventure, et de découvrir un des derniers bastions sauvages. Le rêve du Van, lui, date d’une adolescence pas si lointaine et de ses illusions utopiques de conquête.
Par ailleurs, tout au long des 50 000 kilomètres parcourus ensemble, ce qui m’a réellement frappé chez eux, c’est cette passion pour l’eau. Logique, vous me direz, la Nouvelle-Zélande est un pays insulaire. Mais en plus de la mer et de l’océan, l’eau y est douce, rivière, cascade, pluie, brouillard, nuage, glace, neige, . Bref, pour deux Alsaciens à qui la mer manque, en Nouvelle-Zélande, ils ont été comblés.
Ce carnet de voyage est donc consacré à cette aventure exceptionnelle : un van, au fil de l’eau !
Voici notre itinéraire, il nous a conduit d’Auckland à Christchurch.

Itinéraire d'Auckland à Christchurch
Île du Nord
Commençons par le départ qui s’est fait d’Auckland. De la verdure, de la mer et ensuite une ville tentaculaire qui s’étale à perte de vue..toute basse car les maisons ne sont qu’à un étage, sauf le CBD et la Sky Tower (d’où on peut se jeter pour quelques dollards).
La Sky Tower est rapidement devenue le symbole d’Auckland, la ville la plus importante du pays. (La capitale étant Wellignton). Cette tour émetteur qui est le plus haut bâtiment de l’hémisphère sud, mesure 328 mètres.

Auckland
Auckland étant quasiment le passage obligé, on est tout de suite dans le bain. En effet, la ville est étalée entre deux baies et le golfe Hauraki qui la borde abrite 65 îles dont certaines font partie des plus belles du monde. Ville portuaire par excellence, sa croissance économique est constante depuis le début des années 90. Et des événements tels que la coupe de l’America organisée en 1999-2000 y ont été pour beaucoup.
C’est dans un « car fair », un marché de voitures d’occasion spécialement mis en place pour les voyageurs qu’ils m’ont déniché. Il en existe un deuxième à Christchurch. On peut y acheter ou vendre des voitures ou des vans, mais aussi faire toutes les démarches administratives nécessaires (immatriculation, changement de propriétaire, contrôle technique.).
Acheter son propre van est intéressant financièrement si vous restez suffisamment longtemps. Mais il faut savoir que cela comporte parfois quelques risques : ce sont des véhicules qui passent de main en main, souvent relativement âgés et avec de nombreux kilomètres au compteur.

Van
Et me voilà ! Dans un style Sépia … pour plus de mystère.
Northland
Notre itinéraire débute donc par le nord de l’île du Nord, une région baptisée Northland. Sur la côte est bordée par l’Océan Pacifique, les plages s’étendent à perte de vue et nous sommes immédiatement subjugués par leurs beautés sauvages.

Pakiri Beach
A seulement une heure et demie de route d’Auckland, nous découvrons un petit coin paisible. Pakiri Beach, son sympathique camping et sa splendide plage de sable blanc. La sensation de liberté y est telle que nous y restons quelques jours et nous y reviendrons plusieurs fois. chaque fois que nous serons dans la région.
De nombreux habitants d’Auckland ont d’ailleurs l’habitude de venir passer le week-end ou les vacances dans ce camping. C’est donc un endroit idéal pour rencontrer des Néo-Zélandais, comprendre leur culture et apprendre à profiter de la nature comme eux. Ils y pratiquent de nombreuses activités : la pêche, activité reine, du bodyboard et du surf car les vagues sont propices, du canoë de mer, du cerf-volant, etc. Et les jours de fête, le barbecue est de rigueur !
A Pakiri Beach, j’ai admiré des heures durant le soleil se coucher sur l’Océan Pacifique. Et savoir qu’au moment où il disparaît derrière l’horizon, il se lève timidement sur l’Europe et leurs amis, leurs familles . ce sont des souvenirs intenses et qui nous habiteront longtemps.
L’Océan Pacifique a toujours fait partie de ces mots qui font rêver. Une immense étendue lointaine qui résonne comme une douce musique, un univers qui garde encore d’innombrables secrets.

Ninety Miles Beach au Cap Reinga
Continuons notre route avec un trip inoubliable, surtout pour moi, être à quatre roues ! Une virée en van sur une des plus belles plages de NZ : Ninety Miles Beach au Cap Reinga, la pointe la plus au nord du pays. La photographie de couverture a été prise lorsque nous parcourions les 96 kilomètres de la plus longue plage de Nouvelle-Zélande. Il faut bien sûr attendre que la marée soit basse et le sable assez dur pour être praticable.
Reinga signifie « monde d’en dessous ». En effet, pour les Maoris, le cap est le lieu d’où les esprits des morts partent vers Hawaiki. Ils descendraient le long des racines d’un vieux Pohutukawa, un arbre qui pend du haut de la falaise.
Vers le large, le regard porte sur la zone tumultueuse où les eaux de la mer de Tasmanie rencontrent celles de l’Océan Pacifique.

Cap Reinga
Coromandel et Bay of Plenty
Nous avons ensuite abordé la Péninsule de Coromandel par la Pacific Coast Highway où un paysage magnifique s’est offert à nous ! Des petites criques bordées d’une eau turquoise, des fleurs aux couleurs flamboyantes (et oui, au mois de Novembre, c’est le printemps ici). Plus on roulait, plus on était émerveillés. Exactement, ce dont mes deux compagnons avaient toujours rêvés. Avec en plus, sur cette route, une des nombreuses ‘scenic routes’ du pays, de nombreux points de vue aménagés. Ils ont donc pu admirer le paysage autant qu’ils le voulaient. Et c’est de ces ‘lookout points’ qu’a été prise cette photo.

Coromandel
La seule déception a été la température de l’eau. C’est vrai, mes deux passagers s’imaginaient déjà en maillot de bain à barboter dans l’eau. Et bien non ! Elle était bien trop froide. Ils ont dû oublier à quel point la Nouvelle-Zélande est proche du Pôle Sud ! On n’est pas en Polynésie française ici ! Ceci mis à part, notre voyage se passait plutôt bien. Ils écoutaient de la bonne musique, étaient contents de rouler à gauche sur de petites routes, et le soir venu, je n’avais plus qu’à me garer, à rabattre mes sièges, à fermer les rideaux et à dormir. Quel bonheur de ne plus dormir tout seul stationné sur un horrible parking et entouré d’affreux véhicules.
Après la Péninsule de Coromandel, nous avons poursuivi en longeant la côte de Bay of Plenty. Pour la petite histoire, ce nom a été donné à cette région par le Capitaine Cook lorsqu’il a découvert le pays car c’est une région agricole très prospère (par opposition à Poverty Bay qui existe aussi, et qui se trouve dans la région de Gisborne). Pour en revenir à nos moutons (c’est le cas de le dire en Nouvelle- Zélande), les plages de Bay of Plenty sont de vastes étendues de sable doré. Ce qui offre évidemment un paysage paradisiaque !

Bay of plenty
La zone volcanique de Taupo
Les forces telluriques qui ont façonné le plateau central de l’île du Nord sont toujours à l’ouvre dans la zone volcanique de Taupo et s’étendent jusqu’au Mont Ruapehu, au sud. Elles se manifestent sous des formes aussi diverses qu’étonnantes : geysers, chaudrons de boue, terrasses de silice multicolores, sources d’eau chaude ou piscines bouillonnantes.

Mont Ruapehu
Malheureusement pour moi, c’est à bord d’un voilier qu’ils ont exploré le lac Taupo, la plus grande réserve d’eau douce de Nouvelle-Zélande. Ce lac a été formé en l’an 186 par une explosion volcanique et lorsque le temps est au beau fixe, on peut apercevoir les sommets lointains des monts Tongariro, Ngauruhoe, et Ruapehu, trois volcans en activité.
Au détour d’un rocher, ils ont pu apercevoir une sculpture de type maorie. Elle a l’air d’avoir été taillée il y a des centaines d’années alors qu’en réalité, c’est dans les années 70 qu’un groupe d’artistes locaux l’a sculptée dans les rochers. Visible uniquement par bateau, elle confère un côté mystérieux au lac.

Sculpture de maorie
Toujours sans moi, c’est lors d’un saut en parachute au dessus de Taupo, qu’ils ont pu être hypnotisés par la cime enneigée du Mont Ruapehu. En effet, en sautant à près de 12 000 pieds, ils ont admiré le sommet blanc du volcan qui trônait majestueusement au loin. Voler, voilà bien une sensation que je ne sentirai jamais…
Et voici la vue qu’on a des pistes du Mont Ruapehu. En hivers, de nombreux Néo-Zélandais viennent faire du ski ou du hors piste ici.
En Nouvelle-Zélande, l’eau est présente partout et sous toutes ses formes : liquide, glacée, condensée, bref où que l’on aille sur ces deux îles, on n’est jamais loin ni des côtes maritimes, ni d’une rivière ou d’une pente enneigée.
Et il y a même de l’eau dans les cratères de volcan.et d’une couleur fluorescente éclatante !

Tongariro Crossing
La marche d’une journée, le Tongariro Crossing, est l’une des marches les plus célèbres de Nouvelle-Zélande. En effet, pendant 17 kilomètres, le circuit nordique de Tongariro contourne les volcans Tongariro et Ngauruhoe. Cette promenade traverse aussi des formes de relief unique telles que les cratères volcaniques et les vallées glaciaires : superbes !

Circuit nordique de Tongariro
La rivière Wanganui et son parc naturel

La rivière Wanganui
Continuons notre route jusqu’à ce qu’on appelle le Rhin de l’hémisphère sud. La Wanganui River, le plus long fleuve navigable de Nouvelle-Zélande, prend sa source sur le mont Tongariro, au centre de l’île du Nord, puis s’écoule sur plus de 290 kilomètres vers la mer de Tasman.
Le meilleur moyen de découvrir le parc naturel qui porte son nom est de parcourir les 145 kilomètres entre Taumarunui et Pipiriki en canoë. Pagayer sur le cours d’eau entre les gorges profondes et les falaises abruptes est une expérience unique. Et pour explorer plus profondément cette jungle qui entoure la Wanganui River, rien de tel que d’emprunter des pistes qui partent vers d’anciens villages maoris et des cascades spectaculaires.
En février 2003, 3 mois après leur randonnée de 5 jours en canoë, de fortes pluies se sont abattues dans la région, provoquant de nombreuses inondations, détruisant des habitations et plusieurs routes permettant l’accès à la rivière. Wanganui est sortie de son lit et avec une force incroyable, la nature a repris ses droits. C’est une rivière fâchée, destructrice et effrayante que nous avons observé cette fois.

La rivière Wanganui
Wellington la capitale
Lorsque l’on voyage à bord d’un Van, l’arrivée dans une ville n’est jamais inintéressante. On se ravitaille, on effectue quelques réparations ou réglages, on reprend contacte avec les siens via internet, bref un retour à la civilisation nécessaire.
Mais après quelques jours dans les boutiques, restaurants et musées, l’appel du grand air nous submerge. Heureusement pour moi, Wellington n’a rien d’une grande ville étouffante, ni d’une mégalopole européenne.
Petite cité venteuse aux nombreuses collines, la capitale néo-zélandaise est entourée d’espaces verts au nord et de la mer au sud. Partant du port de Wellington, la Marine Drive est sans aucun doute l’une des plus belles route du pays. Enchanteurs par beau temps, les paysages qui la bordent se montrent impressionnants quand les vents du sud se mettent à souffler, et ils sont réputés pour leur force.
Voici un petit clin d’oil à cette superbe route où à mon bord, je vous assure qu’ils étaient très loin du périphérique !

Wellington - La capitale de la Nouvelle-Zélande
L’île du Sud
A mon tour de prendre le bateau ! C’est vrai que je suis dans une cale et que ça secoue un peu, mais moi je n’ai pas le mal de mer comme les pauvres moutons qui sont entassés à côté de moi dans un camion.
Un Van sur l’eau, c’est donc possible ? Après une superbe balade sur la plage au Cap Reinga, je suis à bord d’un ferry en direction de la sauvage île du Sud. Des routes désertes, des sentiers à la limite du praticable…le rêve pour tout Van en quête de liberté ! Cette île est aussi le paradis des road-travellers : on peut se garer et rester dans d’innombrables endroits sympathiques. D’accord, il y a quelques moustiques sur la côte ouest, mais on peut tout de même y trouver des coins accueillants.

Les fjords de Marlborough Sound
Il parait que l’arrivée à travers les fjords de Marlborough Sound est magnifique. Malheureusement, au fond du bateau, je ne les vois pas. Les appareils photos sont des inventions très généreuses, ils permettent de partager des vues et des moments magiques avec les absents.
Je sens l’eau glisser sous la coque du bateau, c’est un mouvement qui balance doux et régulier. Heureusement que le temps est au beau fixe, je n’aimerai pas être à bord quand la mer est déchaînée et que le vent souffle. Rien que d’y penser, j’ai des frissons. Pour la petite histoire, en 1968, une tempête a eu raison d’un ferry, le Wahine, tuant plus de cinquante personnes.
Bref, nous arrivons sains et saufs à Picton, et mettons cap à l’ouest, vers les Marlborough Sounds. Cette fois-ci, vu de la route, moi aussi je peux admirer la vue ! Et heureusement pour moi, la Nouvelle-Zélande regorge de « scenic route », d’itinéraires d’où l’on peut admirer les merveilles locales. Nous empruntons donc la Quenn Charlotte Drive qui serpente sur les hauteurs et nous permet d’explorer les fjords.
En ayant deux frogies à mon bord, il était évident que nous allions faire un tour jusqu’au French Pass. Oh désespoir une fois arrivés . et pourquoi avoir donné un tel nom à une impasse ? Et oui, le French Pass est une « no exit way », alors allez expliquer cela à mes deux compères. Et admirez l’endroit peu accueillant sous la brume. C’est ça la Nouvelle-Zélande : des collines verdoyantes sous un ciel nuageux, des chemins qui ne mènent nulle part et des hameaux vraiment isolés.

Quenn Charlotte Drive
Après quoi, nous avons poursuivi notre route en direction de l’ouest et du Parc Naturel Abel tasman.
Abel Tasman Great Walk
Dans cette région, le climat est ensoleillé et chaud. C’est agréable de rouler entouré de nombreuses exploitations de fruits, kiwis, pêches, pommes, poires et de vignobles qui jalonnent la route vers Nelson. Encore plus à l’ouest, la petite ville de Motueka est la porte d’entrée des parcs nationaux Abel Tasman et Kahurangi. C’est là que mes deux passagers m’abandonnent le temps d’une randonnée de 4 jours le long de la côte. Je ne me plains pas, et un peu de repos me fera le plus grand bien … je commence à rouiller et ma carcasse n’est plus toute jeune !
En attendant, voilà ce qu’on lit à propos de cette randonnée : « Le parc national Abel Tasman est le plus petit des parcs nationaux néo-zélandais. Dotés de plages dorées et d’estuaires sableux bordés par la forêt primitive, il doit une grande part de son succès au Coast Track, le sentier du littoral. L’aller peut se faire à pied et le retour en vedette ou bateau-taxi. »

Le parc national Abel Tasman
Kaikoura, le plus bel endroit de la Terre !

kaikoura
La première fois que nous sommes arrivés à Kaikoura, il pleuvait et la visibilité était très réduite.
Nous avons à peine remarqué les colonies d’otaries à fourrure qui peuplaient les rochers le long de la route qui va de Blenheim à Kaikoura. Pour la nuit, nous nous sommes garés dans un camping et le lendemain quelle surprise ! Une chaîne de sommets enneigés surplombait la ville. Ici les montagnes se mêlent à l’océan et le résultat nous offre un paysage majestueux.

kaikoura
Kaikoura signifie « repas de langouste », ce qui reflète l’importance de la mer dans la région. Les premiers colons européens à s’y installer étaient des baleiniers. Et aujourd’hui, les cétacés contribuent toujours à la prospérité de la ville grâce au tourisme. En effet, à la fin des années 1980, Kaikoura a connu un véritable boum touristique. Les cachalots sont les plus nombreux, mais orques, otaries et plusieurs espèces de dauphins sont aussi des vedettes du coin. La présence de ces mammifères marins est due à l’importante profondeur des eaux et à la rencontre de courants chaud et froid qui fait remonter à la surface le plancton. On peut approcher ces animaux en bateau, mais aussi en kayac de mer pour les phoques.

Queue de baleine
Nous avons passé de nombreux jours dans le coin. Et à part les cachalots, nous pouvions observer des heures durant les animaux du bord de la route, dans leurs espaces naturels.
Quel spectacle ! Etre si proche de la nature et la voir s’épanouir sauvage et si belle. Kaikoura est un bout de paradis perdu sur notre Terre. Un îlot égaré où la faune et la flore sont encore protégées.

Dauphins près de Kaikoura
Et même un vieux Van comme moi n’a pu résister à l’émotion.
Un matin, nous nous sommes réveillés avant l’aube pour aller admirer le soleil se lever. Ici, rien ne manque pour en prendre plein la vue !

Couché de soleil à Kaikoura
En descendant vers le Sud
J’avance dans mon récit pour vous parler d’un lieu vraiment étonnant. 430 kilomètres au sud de Kaikoura se trouvent les Moeraki Boulders. Sur la National 1, ces curieux rochers sont devenus le passage obligé de tous les circuits touristiques. On leur attribue diverses origines et de nombreuses explications ont été données. La plus scientifique nous dit que ces hémisphères presque parfaits, dont la circonférence peut atteindre 4 mètres, se seraient formés au fond de la mer il y a environ 60 millions d’années par accumulation de dépôts calcaires autour d’un noyau. Le roulis de la mer aurait donc façonné leur forme arrondie.
Pour les Maoris, il s’agirait des paniers de nourriture, Te Kaihinaki, contenus dans la pirogue Araiteuru, l’une des grandes embarcations qui amena leurs ancêtres polynésiens depuis Hawaiki. La pirogue aurait fait naufrage lors d’une expédition de ramassage de néphrite (la pierre de jade). Sa coque se serait transformée en récif et les paniers en rochers.

Boulders
A vous de choisir l’explication qui vous plait le plus. Nous en tout cas, on a était très impressionnés et enthousiastes. Notre Mel a même inventé une nouvelle légende : ces Boulders seraient en fait des oufs de dinosaures fossilisés qui auraient été transportés durant des millions d’années puis rejetés par l’océan sur cette plage.
Et vous, elle vous inspire quoi cette photo ?
Toujours sur la route de Fjorland, nous choisissons de faire une petite excursion aux Catlins.
En plein cour du Southland, la région la plus au sud de l’île, une route splendide longue de 172 kilomètres entre Invercargill et Balcutha nous transporte dans un autre temps, un autre monde.
Dans les Catlins, d’incroyables curiosités naturelles nous rappellent à quel point ce pays est unique par son aspect sauvage. Et pour un vieux Van comme moi, pouvoir emprunter cette voie non goudronnée et profiter de ces spectacles est un rêve que je ne pouvais imaginer du fond de mon garage à Auckland City. C’était comme vivre une expédition, comme si nous étions des aventuriers !!

Nugget Point
Comme vous pouvez le voir, les décors sont saisissants. Cette photo a été prise à Nugget Point, d’un phare datant de 1869 qui domine une avancée où de nombreux animaux vivent en harmonie : otaries, lions de mer, manchots, cormorans et autres espèces d’oiseaux.
Parmi les points intéressants de la route des Catlins, on trouve à Curio Bay, des vestiges fossilisés vieux de 160 millions d’années d’une forêt jurassique. Notons aussi Jack’s Blowhole, un trou profond de 60 mètres d’où jaillit, au beau milieu des pâturages, de l’écume des vagues souterraines.
Enfin, admirez cette jolie cascade où l’eau dévale une série de terrasses sur une hauteur de 20 mètres à Purakaunui Falls.
Nous ne sommes restés que deux nuits dans ce coin. Par manque de ravitaillement, nous avons été obligés d’écourter notre exploration. Dommage, car les Catlins mériteraient qu’on s’y arrête bien d’avantage.
Malheureusement, le voyage en Van nécessite une certaine logistique et organisation : essence, eau, nourriture. Et sur cette route, sur plus de 170 kilomètres, on ne trouve pas grand chose. D’un côté tant mieux, car cela préserve son aspect sauvage.

Purakaunui Falls
Après une rapide halte à Invercargill, nous continuons notre chemin vers les célèbres fjords. Mais d’abord un petit mot sur le manque d’informations concernant les villes du pays. Je crois que mes deux frenchies ne raffolent pas des cités urbaines ou alors qu’ils ne sont pas venus en Nouvelle-Zélande pour en visiter. Et j’imagine que chez eux en Europe, les villes ont un autre intérêt : les bâtiments historiques, les petites ruelles, les échoppes, bref, le folklore urbain n’est pas aussi important ici. Ou alors ils préfèrent simplement la nature, la plage ou les forêts . et ce n’est pas moi qui vais me plaindre ! C’est vrai qu’on est obligé de s’y arrêter, mais de là à y rester, non merci.
The fabulous Fjordland
Des milliers de touristes viennent en Nouvelle-Zélande chaque année pour admirer les célèbrent fjords. En effet, ils sont en plein cour de Te Wahipounamu, la « Région d’Héritage Mondiale », un des endroits les plus intacts et sauvages de l’hémisphère sud. Dans le sud-ouest de la Nouvelle-Zélande, ce parc classé patrimoine mondial par l’UNESCO, offre un paysage, modelé par les glaciations successives, de fjords, de côtes rocheuses, de hautes falaises, de lacs et de cascades. Les deux tiers de sa superficie sont recouverts de forêts de hêtres méridionaux et de podocarpes, dont certains ont plus de 800 ans. On y trouve le kea, unique perroquet alpin du monde, ainsi que le takahe, gros oiseau coureur, rare et menacé.

Fjordland
Et malgré l’infection de moustiques en été (les sandflies), et les taux d’humidité et de pluviométrie les plus élevés du pays, la région est un véritable passage obligé pour les touristes. A tel point que parfois en été, la route qui mène au Milford Fjord ressemble à une vraie autoroute.
Le jour où nous sommes arrivés à Te Anau, la ville de départ pour toutes expéditions des fjords, un soleil éclatant brillait dans le ciel. Cela aidant, le spectacle était grandiose.et comme vous pouvez le constater sur les photos, les vues étaient saisissantes. C’est une région incroyable où le temps et l’érosion ont façonné un paysage unique.
Nous avons emprunté la Nationale 94, plus connue sous le nom de Milford Road, la route qui mène au fjord du même nom. Il faut compter 240 kilomètres aller-retour et toute la journée pour profiter des nombreuses promenades donnant accès à des points de vue inédits, comme ce lac-miroir.
Un jour aussi ensoleillé que celui-là nous a permis de comprendre pourquoi on appelait ces lacs comme ça : les reflets apparaissent très clairement à la surface.

Milford Sound
A l’arrivée, le Milford Sound s’offre à nous, mais pour l’explorer il faut embarquer sur un des nombreux bateaux. C’est donc ici que s’arrête l’aventure pour moi : les Vans ne sont pas admis…
En revanche, je peux tranquillement admirer le Mitre Peak, ce sommet en forme de chapeau qui est le principal point de repère du fjord.
Quelle superbe journée pour nous trois ! Je n’oublierai jamais notre virée à Fjordland et je pense que mes deux frenchies non plus. Ils n’ont pas arrêté de mitrailler avec leur appareil photo. Et comme disent les kiwis : c’était incontestablement un « Highlight » du voyage.
Sur la route du retour ou la triste fin d’une belle aventure

Wanaka - Grand lac du Sud
En vous dévoilant la thématique de ce carnet de voyage, je vous disais que cette aventure avait été guidée par l’eau. Et vous avez pu constater que sur chaque photo, cet élément était bien présent car mes deux compères avaient élaboré leur itinéraire en fonction de lui. Tout au long de notre route, nous avons pu voir des tonnes d’eau : mer et océan, lacs et rivières, neige et glaciers, nuages et pluie …
Sur le chemin du retour, ils ont encore profité des grands lacs du Sud comme Wanaka ci-dessus. Cette immensité d’un bleu profond regorge de truites et de saumons, et vous savez à quel point la pêche est une activité importante en Nouvelle-Zélande.
Sur l’une des rives du Lac Tekapo, se dresse l’église du Bon Pasteur. C’est de sa façade percée d’une vitre que cette photographie digne d’une carte postale a été prise.

L'église du Bon Pasteur - Lac Tekapo
La couleur turquoise de l’eau est due aux particules en suspension. Elles sont issues de l’érosion de la montagne par les glaciers.
Je déteste les adieux . je ferai très court pour vous raconter la fin de notre parcours commun.
Plus de 8 mois après leur arrivée, mes deux amis sont rentrés chez eux. Le cour gros, ils m’ont vendu à Christchurch, à un couple de sympathiques anglais venu visiter le pays.
Je pense encore très souvent à eux et j’imagine que la réciproque est vraie. D’ailleurs peut être qu’ils ont des photos de moi accrochées sur leurs murs … qui sait ? En tout cas, notre rencontre a marqué nos vies et même si nos routes se sont séparées, … stop, je ne vais tout de même pas pleurer !

Mélisa et Jérémy
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